Schizophrénie
I-
Définition de la
schizophrénie :
La schizophrénie est une pathologie psychiatrique sévère et
chronique caractérisé par de profondes perturbations de la pensée, ides
émotions et des perceptions. Cette affection a généralement une phase prodromique.
Une phase active et une phase résiduelle au cours de laquelle le trouble peut être
en rémission.
Pour retenir le diagnostic de schizophrénie, la durée des symptômes
doit être d’au moins six mois en incluant au moins un mois comportant deux symptômes
ou plus de la phase active parmi les manifestations suivantes :
·
Idées délirantes
·
Hallucinations
·
Discours désorganisé
·
Comportement grossièrement
désorganisé ou catatonique
·
Symptômes négatifs (émoussement
affectif, alogie, ou perte de volonté)
Ces signes et symptômes sont associés à un net
dysfonctionnement social ou des activités.
II-
Etude clinique :
La schizophrénie survient à la fin de l’adolescence ou chez
l’adulte jeune entre 15 et 35 ans. La personnalité pré morbide est
classiquement schizoïde ou schizophrénique.
Phase d’état :
La sémiologie des syndromes schizophréniques s’organise
classiquement autour d’un trépied symptomatique :
-
Le syndrome dissociatif
(désorganisation) qui se voit aussi bien au niveau intellectuel, affectif que
moteur
-
Le syndrome délirant paranoïde
sous la forme d’une activité délirante et hallucinatoire (signes positifs)
-
Le syndrome autistique sous
formes de repli (signes déficitaires)
1-
Le syndrome dissociatif :
Ce syndrome confère à la pensée, aux émotions ou au
comportement du sujet une dysharmonie pouvant atteindre l’incohérence.
Selon Henry Ey, la dissociation schizophrénique se manifeste
par :
-
L’ambivalence
-
La bizarrerie
-
L’impénétrabilité
-
Le détachement
a- Dissociation intellectuelle :
Une atteinte de la coordination, de l’agencement logique des
idées et de leurs associations qui se font de façon désordonnées, sans logique
ni harmonie.
b- Dissociation affective :
-l’appauvrissement de l’affectivité et des réactions
émotionnelles.
-la froideur dans le contact, l’indifférence à autrui, l’apparence
insensible.
-l’athymhormie ou perte de l’élan vital.
-des réactions émotionnelles brutales.
-l’ambivalence affective.
c- Dissociation motrice :
-la dysharmonie des mouvements peut donner une impression
caractéristique de surcharge, d’affectation, de bizarrerie, définissant le
maniérisme. De même il peut exister des stéréotypies (répétition des gestes, d’attitude
ou d’actes plus complexes)
-le syndrome catatonique associe dans sa forme complète :
-le négativisme.
-la catalepsie.
-les
hyperkinésies impulsions verbales et ou gestuelles et décharge motrice
clastique.
2- Le délire paranoïde :
Mécanismes du délire :
-
Hallucinatoires
psycho-sensorielles :
-Hallucinations auditives verbales +++
-hallucinations intrapsychiques (sensation de pensée
étrangére introduite dans l’esprit)
-hallucinations olfactives, cénesthésiques
-hallucinations visuelles sont rares
- Autres mécanismes :
-Intuition
-Interprétation
-Imagination
Thèmes du délire :
-polymorphes
-fréquence
des thèmes de persécution, mystique, érotomaniaques, hypochondriaques,
mégalomaniaque, d’influence et de référence
-transformation
corporelle (signe de miroir)
-troubles de l’identité sexuelle (mutilation
sexuelle)
Organisation du délire :
-
Délire non structuré ou mal
systématisé : absence d’organisation du délire
-
Caractéristique de la
schizophrénie
-
Paranoïde = délire flou,
mal systématisé
3-Le repli
autistique :
Définie par la perte de contact vital avec la réalité. Il comporte
deux aspects :
-
Un retrait du monde et un
détachement de la réalité.
-
Une prééminence de la vie
intérieure avec reconstitution d’un monde hermétique peu communicable.
III-
Formes cliniques :
1-
Début aigu :
a- Episode délirante aigue inaugural :
Une bouffée délirante polymorphe ou un accès confusionnel
pose surtout le problème de son devenir.
b- Episode d’allure maniaque :
Il s’agit plus dans ce cas d’un état d’excitation psychique
que d’un état d’excitation de l’humeur.
c- Un épisode d’allure dépressif :
Il existe une perte d’intérêt et un ralentissement
psychomoteur mais le contact est plus détaché que dépressif.
d- Acte violent brutal et non expliqué, meurtre, suicide, fugue…
2-
Début progressif ou mode d’entrée insidieuse :
Les formes pseudo névrotiques :
a- Forme anxieuse :
L’angoisse est ici excessive, profonde, durable et surtout désorganisant.
b- Forme hypochondriaque :
Ce sont des impressions de transformation corporelle qui
conduisent les patients à de longues et fréquentes contemplations de leur image
à la recherche d’eux-mêmes.
c- Forme obsessionnelle :
Les obsessions sont fréquentes, particulières par leur caractères
bizarre et stéréotypé, froidement rationalisé, sans lutte anxieuse ni réelle
critique.
d- Forme hystérique :
L’hyper expressivité hystérique se différencie de maniérisme
schizophrénique par le caractère < gratuit> et autistique de ce
dernier.
Les formes caractérielles :
a- Tendance à l’isolement :
Tel patient déjà de nature un peu distant et froid va
changer en quelques semaines ou mois.
b- Agressivité intra familiale :
Le refus de communication peut aller jusqu’au mutisme, l’opposition
et l’agressivité qui est souvent marquée dans le milieu familial.
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Modification des croyances :
Engouement pour des activités ésotériques ou croyance en des
phénomènes surnaturels.
Les formes sociopathiques :
-
Fugues, errance
-
Des anomalies du
comportement sexuel : homosexualité
-
Délinquance : vol,
incendie, agressions…
-
Toxicomanie et alcoolisme
IV-
Diagnostic différentiel :
Une psychose aigue
Les troubles mentaux organiques
Les troubles de l’humeur
Les troubles névrotiques
Les troubles de la personnalité
Le retard mental
V-
Evolution et pronostic :
L’évolution peut se faire de 4 manières différentes :
-absence de symptômes résiduels durables et absence de
rechutes ultérieures dans 22% des cas.
-alternance de remissions et de rechutes avec peu ou pas de symptômes
résiduels au cours des remissions dans 35% des cas.
-alternance de remissions et de rechutes avec aggravation
des symptômes résiduels au fil des rechutes dans 35% des cas.
-absence de rémission avec une évolution continue dans 8%
des cas.
Les complications dépressives sont fréquentes ainsi que les
tentatives de suicide et les conduites additives.
Facteurs de bon
pronostic :
-
Début tardif
-
Facteurs déclenchant évidents
-
Début aigu
-
ATCD de bonne adaptation
prémorbide sur le plan social, sexuel et professionnel
-
Symptômes thymiques
-
Mariage
-
ATCD familiaux de troubles
de l’humeur
-
Bon système de soutien
-
Symptômes positifs
Facteurs de mauvais
pronostic :
-
Début précoce
-
Absence de facteurs déclenchant
-
Début insidieux
-
Mauvaise adaptation en
période prémorbide sur le plan social, sexuel et professionnel
-
Comportement d’isolement ou
autistique
-
Célibataire, divorcé ou
veuf
-
ATCD familiaux de
schizophrénie
-
Mauvais système de soutien
-
Symptômes négatifs
-
Anomalies neurologiques
-
ATCD de traumatisme
périnatal
-
Absence de rémission au
bout de 3ans
-
Nombreuses rechutes
-
ATCD d’agressivité.

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